« Toutes les fois où j’ai été emprisonnée en Corée du Nord, les deux premières questions qu’on me posait toujours pendant l’interrogatoire étaient si j’avais eu des contacts avec des coréens du sud et si j’étais allée à l’église. Voilà les questions qu’ils posent toujours. », a confié Kenneth Bae. Le Pasteur américano-coréen Kenneth Bae, otage en Corée du Nord de 2012 à 2014 s’est exprimé le jeudi 18 juillet, devant le Sénat à Washington sur la crainte qu’inspirent les chrétiens au régime nord-coréen.
Les activités de missionnaire faisaient
de lui un opposant au régime. Il était accusé de vouloir le renverser. Après 15
mois de prison et de camp de travail, il a fondé une organisation pour prendre
soin des réfugiés nord-coréens et a fédéré un groupe de prière pour ce peuple.
« [Les
nord-coréens] disaient : ‘Nous n’avons pas peur des armes nucléaires … nous
avons peur de gens comme vous qui introduisent la religion dans notre pays et
l’utilisent contre nous, alors tout le monde se tournera vers Dieu et cela
deviendra le pays de Dieu et nous tomberons’. », a-t-il
témoigné.
Ce jour-là, soutenu par la Commission d’éthique
et de liberté religieuse de la Convention Baptiste du sud, le film
intitulé ‘‘L’humanité refusée : Liberté religieuse en Corée du Nord’’
a été diffusé. Il a dévoilé les témoignages de réfugiés nord-coréens.
L’un a révélé les chiffres qui témoignent de la
main-mise du régime nord-coréen.
« Une
famille sur cinq est liée à la sécurité nord-coréenne. […] Quand il y a trois
personnes rassemblées, ou plus, il y a un espion parmi eux. »
Face à ce système, il a dévoilé l’existence des
églises souterraines.
« J’ai
vu comment la providence divine touche les croyants en Corée du Nord. Je ne
connaissais pas l’existence des églises souterraines. Ça a été une véritable
surprise pour moi. Vivre sa foi en Corée du Nord, c’est risquer sa vie.
Certains ont des cultes dans les montagnes, d’autres le long des rivières, à la
campagne, pendant qu’ils travaillent en groupe de 2 ou 3. »
Une autre réfugiée a témoigné à visage cachée. C’est
quand elle est arrivée en Chine qu’elle a rencontré Dieu : « Quand j’étais en Corée du Nord, je
n’avais jamais entendu le mot église. Je ne savais pas ce que c’était. Et je
n’avais jamais entendu le mot Jésus-Christ. En Corée du Nord, j’ai subi un
lavage de cerveau par l’idéologie de Kim Il-sung et Kim Jong-il. On adorait
tous les idoles de Kim Il-sung et Kim Jong-il, pas Dieu. »
Elle a été arrêtée plusieurs fois, mais à chaque
interrogatoire, on lui posait les deux mêmes questions :
« Toutes
les fois où j’ai été emprisonnée en Corée du Nord, les deux premières questions
qu’on me posait toujours pendant l’interrogatoire étaient si j’avais eu des
contacts avec des coréens du sud et si j’étais allée à l’église. Voilà les
questions qu’ils posent toujours. »
Dans les épreuves, elle a appris à faire confiance à
Dieu.
« J’ai
traversé des temps si durs là-bas. Je me demandais si j’allais mourir, si ma
vie allait finir comme ça. Plus tard, j’ai découvert l’Évangile et un fait très
important. Quand on suit le chemin de Dieu et qu’on lui fait confiance, peu
importe les épreuves que l’on traverse, on vit sous sa protection et sa
bénédiction. »
Elle vit désormais libre, mais sa famille vit toujours
en Corée du Nord.
« Mon
coeur se brise quand je pense à eux. Ils vivent sous la malédiction. Ils vivent
dans des ténèbres qui ne sont pas visibles. Et ils en souffrent. […] Je crois
que la seule façon que les deux Corées soient réunies, se comprennent, et
s’aiment l’une l’autre, c’est l’Évangile. »
Pour Kenneth Bae, il est temps de se préparer.
« Nous
devons nous préparer lorsque la Corée du Nord ouvrira ses portes. Si le régime
nord-coréen tombe soudainement, sommes-nous prêts à avoir suffisamment de
Bibles pour leur permettre de savoir ce qu’est la vérité et comment ils peuvent
la trouver ? »